Lac de la colombière
Lac de la Colombière, Lacs Morétan sur 2 jours – 2400 M
18 août 2019

Nos besoins naturels en montagne : comment chier dans les bois ?

Comment chier dans les bois ?

Il est, aujourd’hui encore plus que par le passé, d’une importance capitale de discuter des questions écologiques en montagne.

Les montagnes sont des milieux fragiles, où les écosystèmes doivent être préservés au mieux  pour l’avenir de la planète et le respect de chaque être vivant. C’est pour cette raison que la question des déchets en montagne doit être posée. La pollution générée par l’humain dérègle la nature, contamine les cours d’eau, et répands des maladies.

Chaque randonneur a des besoins naturels. Comment gérer au mieux les déchets produits ?

Nous allons tenter de résumer les solutions dans ce cours article, et si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, je vous recommander un livre assez connu qui traite de ce sujet : Comment chier dans les bois ?

Trouver un endroit ou faire ses besoins

A distance d’une source d’eau

Nos besoins naturels en montagne : comment chier dans les bois ?

Image provenant de REI.com

La première règle est de faire attention à ne pas polluer les cours d’eau. Les matières fécales sont pleines de bactéries et peuvent transmettre des maladies. Nous avons la chance en France d’avoir des ruisseaux plutôt sains, évitons de les contaminer comme dans d’autres pays !  Voir mon article sur la purification de l’eau en randonnée.

Il faudrait idéalement respecter une distance minimum de 60 mètres entre votre spot et la source d’eau la plus proche, ainsi qu’une distance de 60 mètres entre ce même spot et l’emplacement de bivouac. Évitez de même les endroits en hauteur par rapport à un cours d’eau pour ne pas qu’il y ai ruissellement des polluants dans l’eau lors de fortes pluies.

A noter qu’il est préférable sur cette distance de 60 mètres d’avoir un terrain qui peut filtrer les contaminants comme de la terre ou du sable plutôt que des rochers.

A l’écart

J’ai pris l’habitude de m’éloigner au maximum des sentiers pour ne pas être dérangé et surtout pour qu’il n’y ai personne qui tombe sur mes « affaires » plus tard. Vous n’avez pas envie de tomber sur les déchets des autres non ?

Assurez-vous de ne pas être sur un lieu de passage (d’humains ou d’animaux) et d’aller à un endroit où personne n’irait.

Si vous campez plusieurs jours sur le même lieu, évitez de retourner au même endroit pour vos besoins.

Sur un terrain riche qui facilite la décomposition

Il est préférable de choisir un sol riche biologiquement quand c’est possible pour accélérer la décomposition des matières et du papier toilette.

Pour finir, il faut trouver un terrain où il est possible de creuser un trou. Les matières fécales se décomposent rapidement à l’air mais impliquent une trop grande pollution visuelle et pose problèmes avec les animaux.

Creuser un trou

A cause de la pollution bactérienne et visuelle que cela engendrerait, il n’est pas possible de faire ses besoins directement sur le sol.

Comment et où creuser un trou ?

Nos besoins naturels en montagne : comment chier dans les bois ?

Image provenant de LNT.org

La première solution est de creuser un trou. Il est possible pour cela d’utiliser une pierre ou un bâton, mais personnellement j’utilise une pelle prévue à cet effet. Il est plus facile et plus facile de creuser un trou avec la pelle, surtout dans les terrains durs.

Le trou doit avoir une profondeur de 15 cm pour que la décomposition soit suffisante et pour éviter que les animaux ne déterre vos déchets. Laissez la terre sortie sur la côté, vous en aurez besoin pour reboucher le trou.

Les sols meubles sont idéaux pour creuser facilement un trou de 15 cm de profondeur, et c’est en général les sols avec le maximum d’activité biologique.

Sous une pierre

La deuxième solution, si vous êtes dans un endroit où vous n’avez pas la possibilité de creuser un trou, est de soulever une grosse pierre, faire vos besoins sous cette pierre, et la remettre ensuite.

Les problèmes :

  • Il y a de fortes chances de retrouver déjà sous cette pierre des déchets par des randonneurs précédents
  • Des insectes et petites bêtes vivent sous ces pierres
  • Le sol est généralement moins actif biologiquement que si vous creusez un trou dans de la terre

Essuyage ou nettoyage à l’eau ?

S’essuyer avec du papier toilette

Il est difficile de se passer de papier toilette dans un premier temps. Il existe plusieurs solutions pour s’en débarrasser après vous êtes essuyés :

  • le ramener avec vous pour le jeter plus tard dans une poubelle. C’est une solution qui peut paraître étrange et dégoutter au premier abord, mais c’est la solution la plus responsable et écologique. Il suffit de le mettre dans un sac en papier, puis dans un sac plastique si nécessaire, puis de mettre le tout dans son sac pour le jeter dans la première poubelle que vous croiserez.
  • le brûler. Deux problèmes : en général, le papier ne brûle pas en entier, et surtout il y a de gros risques de provoquer un début de feu de forêt. Utilisez cette solution seulement si vous savez ce que vous faites.
  • l’enterrer dans le même trou où vous avez déféqué. C’est la solution la plus pratique mais aussi la moins écologique, étant donné que le papier toilette met du temps à se décomposer et qu’il y a des risques que des animaux viennent le déterrer. Ceci dit, c’est une solution acceptable dans la plupart des cas si elle est bien faite et en utilisant du papier toilette blanc biodégradable, sans parfum.

Une fois que vous avez fini, déposez un peu de terre dans le trou, puis avec un bâton, mélangez l’ensemble pour accélérer la future décomposition. Rebouchez ensuite le trou à l’aide de la terre enlevée précédemment, et finissez par déposer par dessus des branches, des feuilles, voir quelques pierres.

Se laver avec de l’eau claire – la technique du bidet

Il existe une autre technique plus hygiénique et plus écologique mais il est plus dur d’y passer psychologiquement car il n’y a plus d’utilisation de papier toilette. Elle demande aussi un peu de technique.

Elle ne produit pas de déchets superflus en se passant de l’utilisation de papier, et elle est plus hygiénique, ce qui peut éviter de vous retrouver avec des irritations ou autres lors de marche de plusieurs journées ou vous ne pouvez pas vous laver. Je conseille dans tous les cas de se baigner dans des ruisseaux/lacs ou de se laver régulièrement à la bouteille d’eau quand c’est possible pour votre confort et votre hygiène. Personnellement, et si c’est possible, j’aime poser les bivouacs proche des points d’eau pour me laver tous les jours.

Accroupis, avec le pantalon baissé au maximum :

  • avec un bâton ou une pierre, enlevez le gros de la matière
  • avec une de vos mains (la main propre), prenez une bouteille d’eau pour la mettre dans votre dos au-dessus des fesses et versez de l’eau abondamment.
  • dans le même temps, avec votre autre main (la main sale), frottez la zone pour nettoyer. Si vous avez du savon, vous pouvez l’utiliser.
  • finissez de rincer avec votre main propre et la bouteille d’eau.
  • lavez une première fois votre main sale avec du savon et seulement en utilisant cette main
  • rincez votre main avec de l’eau propre
  • lavez une deuxième fois votre main en utilisant vos deux mains cette fois-ci.
  • Remettez votre pantalon et vous pouvez repartir propre !

Gardez les mains propres !

Dans tous les cas, une fois que vous avez fini, je vous conseille d’utiliser un gel antibactérien pour garantir que vous ne contaminerez pas quelqu’un ou des aliments en faisant la cuisine.

Mot de fin

Le respect de notre environnement est très important et les randonneurs doivent lutter dans ce sens. N’hésitez pas à acheter une pelle, creuser des trous grâce aux règles édictées plus haut, utilisez du papier toilette biodégradable, et emmenez le avec vous ou enterrez le correctement.

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